Bien qu'elle ait changé de
nom depuis longtemps, tout le monde l'appelle encore
la « Soudière
». La vénérable dame se nomme désormais Atochem (Nous sommes en 1992)
S'IL faut attendre 1822 et un décret du roi Louis XVIII pour
que s'installent à Chauny le polissage des glaces et l'usine
chimique de soude qui donnera, pendant un siècle et demi, ce nom de
«Soudière» à l'usine de la
compagnie de Saint‑Gobain à Chauny.
Il
faut remonter beaucoup plus loin dans le temps pour voir qu'une
certaine activité régnait déjà sur l'emplacement de la future
usine.
Un
plan de situation, datant du XVllle siècle, probablement établi vers
1730‑1740, nous montre deux grands bâtiments situés non sur
l'emplacement actuel mais sur la rive droite de l'Oise, sur les
bords du canal. Ces deux bâtiments sont des stockages de glaces
venues de la Glacerie de Saint‑Gobain avant d'être expédiées, par
voie d'eau, vers Paris.
La «
Soudière »
s'installe à Chauny
Il y a un an que le petit Corse, devenu Empereur des
Français, a fermé les yeux pour toujours quand Louis XVIII, revenu
sur le trône après la chute de l'Empire, signe le décret en
autorisant le transfert de l'usine de carbonate de soude et d'acide
sulfurique de Charles‑Fontaine à Chauny, sur les lieux mêmes où elle
se trouve aujourd'hui mais sous le nom d'Atochem.
II y a 170 ans de cela.
Nous avons beaucoup de peine à nous représenter ces
endroits où il fallait se déplacer parfois en barque, au
milieu des marécages fétides et insalubres, heureusement disparus de
nos jours.

C) Dany mai 2006
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Nous sommes en 1823. L'usine se construit et les
premières fabrications commencent. Il est probable que, comme pour
toute mise en route, elle ne donne pas tout de suite un produit
parfait et en quantité suffisante.
II faut attendre l'année suivante pour que le premier
chariot de sel de soude, produit à Chauny, monte à Saint‑Gobain pour
y fabriquer les glaces. On s'imagine difficilement, de nos jours,
ces grands chariots à quatre roues, tirés par plusieurs chevaux,
parcourant sur des routes empierrées les quinze kilomètres séparant
.l'usine de Chauny de la glacerie de Saint‑Gobain.
Quelques années passent. En 1830, la société est
liquidée et se transforme en société anonyme, approuvée par
ordonnance du roi Charles X. La nouvelle raison sociale fait apparaître, pour la
première fois, le nom de l'évangélisateur irlandais de Saint‑Gobain.
Cinq ans plus tard, arrivant en calèche de Paris, le célèbre
chimiste
Gay‑Lussac viendra dans cette usine de Chauny mettre au point le premier
appareil condenseur des gaz nitreux, tour de plomb de quatorze mètres de
haut que, pendant plus d'un siècle, on appellera simplement la « Gay
Lussac ».Ce n'est qu'en 1850 que M.
Pelouze, chimiste de renom, réalise
à la « Soudière» la préparation à grande échelle du sulfate de soude
raffiné, pouvant être employé directement à la fabrication des glaces.
A la suite d'une fusion, la nouvelle
société s'intitule « Compagnie des glaces et produits chimiques de
Saint-Gobain,
Chauny et Cirey ». L'usine de Chauny va porter cette
raison sociale pendant un siècle. En cette même
année,la société obtient l'autorisation de construire entre la gare de
Chauny et la Glacerie de Saint-Gobain, en passant par « La Soudière » et
sur un parcours de quinze kilomètres,
un chemin de fer
à voie unique
mais de largeur normale qui desservira (et dessert toujours) l'usine.(Photos
privées)
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Un siècle plus tard C’est toujours
La « Soudière»...
Pendant un siècle, la « Soudière», dont les actions
sociales sont à la pointe du progrès, va connaître des difficultés
diverses. Pendant la guerre de 1870‑1871, son activité est
considérablement ralentie. Viennent ensuite quarante années de paix où
l'usine se développe et prend de l'extension.
Quand arrive la guerre de 1914, on compte mille quatre
cent personnes travaillant à la «Soudière ». Mais elle s'arrête quand
lés troupes allemandes approchent de Chauny. Le dernier train part de la
gare le 28 août 1914 à 15 h... et les soldats du général Von Kluck
occupent l'usine le 2 septembre, en même temps que commencent les
réquisitions. Comme toute la région, l'usine est entièrement dévastée à
la dynamite en février mars 1917, lors du recul allemand sur la forêt de
Saint‑Gobain.
Quand la paix est revenue, commence la reconstruction.
Tout ce qui concerne la glacerie ne sera pas reconstruit à Chauny, mais
près de Compiègne. Par contre, l'usine chimique va se développer et, au
cours des années, sera l'une des premières usines de France à voir
construire un atelier de phtalique pour les futures matières plastiques,
cela fin 1939, au moment où la
Seconde Guerre mondiale commence
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